
Quelle est la définition du lâcher prise ? Celle qui est couramment retenue :
« la capacité à se détacher d’une situation que nous cherchons à tout prix à vouloir contrôler ».
J’aimerais plutôt utiliser un autre terme : « laisser faire ».
Quelle est la différence, alors ? Si dans le lâcher prise l’accent est souvent mis sur le fait d’abandonner le contrôle, le laisser faire, selon moi, permet de mettre en relief la question de « prendre du recul » par rapport à tout ce qui se passe autour de nous.
Laisser faire implique abandonner la lutte pour changer ce qui ne peut pas être changée, accepter même ce qui nous semble à un certain moment inacceptable.
Cette simple phrase implique un travail non négligeable. Nous pouvons la comprendre intellectuellement, mais la mettre en pratique devient extrêmement plus complexe. Combien de fois nous nous sommes répétés « la situation est telle… cette personne est ainsi, je n’y peux rien » et pourtant il arrive toujours un mot, un comportement qui nous blesse et nous remettons en cause notre capacité à accepter ce qui se passe. L’acceptation implique un travail de détachement par rapport à ses propres émotions, donc une prise de recul par rapport à ses propres pensées et ses ressentis. Cela s’accompagne d’un travail sur la confiance en soi. Il n’y a pas de vrai détachement sans confiance en soi.
La confiance en soi est avant tout une acceptation de ce que nous sommes, une prise de conscience de nos forces et des nos faiblesses. Pour accepter nos faiblesses nous avons besoin d’un regard bienveillant envers ses propres « erreurs », ses propres manques. Nous ne sommes pas parfaits, cela paraît une évidence, mais il est plus simple de le dire que de le mettre en acte. Au fond, tout contrôler est un moyen de ne pas laisser un terrain propice à l’erreur. Si je fais tout ce qui est possible afin que chaque chose aille dans la direction que je veux, il n’y aura pas de marge d’erreur. Mais faisant ainsi nous nous obligeons à vivre dans un stress constant sans jamais relâcher notre souffle. Si tout doit être contrôlé ; où il y a de la place pour l’imprévu, l’étonnement, la surprise ? Ce sentiment que vous avez sûrement éprouvé un jour, quand quelque chose de beau vous est arrivé et vous avez poussé un soupir de joie. Quelqu’un répliquera : « il est plus simple de s’émerveiller devant une belle surprise qu’une mauvaise » et ma réponse est « oui, mais… ». Quand nous apprenons à prendre du recul, nous développons notre capacité à faire face aux vents favorables qui poussent les voiles de nos projets comme aux tempêtes qui nous empêchent d’aller de l’avant.
Si nous avons la confiance en ce que nous sommes et en nos capacités, plus personne ne pourra nous ébranler. Nous arrêtons de nous justifier, de demander ce que l’autre ne peut pas donner. L’autre a le droit d’être comme il est ; exactement comme nous avons le droit d’être ce que nous sommes.
Chacun est responsable de ses propres émotions, de ses ressentis et des ses réactions.
Laisser faire veut aussi dire ne pas se laisser transporter par la vagues des émotions, rester maître de soi-même. Et à ce point de mon discours, il y aura quelqu’un qui objectera : « mais être maître de ses émotions ne veut-il pas dire les contrôler ? »
Tout à fait. Donc on revient à la question du contrôle, que nous essayons d’éliminer. Voyez donc que la situation est bien plus complexe que ce que l’on croit. Comment être maître de ses émotions sans les contrôler ? Est-ce le même contrôle dont je vous parlais au début de mon texte ? Probablement pas. C’est un long apprentissage. Un travail sur la compréhension de soi, des réactions que les émotions déclenchent. C’est un travail qui implique l’honnêteté d’accepter ses doutes, ses faiblesses, ses émotions pour pouvoir les intégrer et ainsi les modifier.
Peut-on vraiment laisser faire si nous sommes pleins de peurs ? Peur de ne pas être acceptés, peur de perdre ce à quoi nous tenons tant, peur de changer et bien d’autres. A chacun ses peurs plus ou moins fortes et tenaces. Pourtant les abandonner devient le seul moyen d’accepter une situation telle quelle est et d’accepter les autres tels qu’ils sont.
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